Le Programme québécois DE DÉPISTAGE DU CANCER DU
SEIN vise à :
réduire le taux de mortalité par cancer du sein de
25 % sur une période de dix ans
améliorer la détection précoce du cancer du sein
chez les femmes de 50 à 69 ans
maximiser la détection des tumeurs de petite taille
améliorer l'accessibilité à la mammographie de dépistage
s'assurer que le dépistage soit réalisé dans
des centres possédant de hauts standards de qualité
s'assurer que les services offerts visent la satisfaction et le maintien
de la qualité de vie des femmes et tiennent compte des besoins
et des droits des femmes, particulièrement le droit à
la confidentialité et celui de pouvoir prendre une décision
éclairée.
SERVICES
Il s'agit d'un programme structuré comportant un ensemble de services
dont :
l'invitation des femmes par lettre à participer au dépistage
le dépistage par mammographie
l'envoi des résultats aux femmes et aux médecins traitants
le rappel aux deux ans pour les femmes ayant accepté de participer
au programme
l'investigation
le suivi de toute femme ayant obtenu un résultat anormal à
la mammographie de dépistage.
Le programme de dépistage vise toutes les femmes de 50
à 69 ans asymptomatiques: à Laval, plus de 47 000 femmes
sont admissibles à participer à ce programme. Les femmes
de 50 à 69 ans sont invitées, par lettre, à passer
une mammographie de dépistage à tous les deux ans dans des
centres de dépistage désignés.
Pourquoi les femmes de 50 à 69 ans?
Des études scientifiques ont démontré que le dépistage
est efficace chez les femmes de ce groupe d'âge à la condition
cependant d'atteindre et de maintenir une participation d'au moins 70 %
de cette clientèle. Les résultats des études ne permettent
pas de savoir si le dépistage est aussi efficace pour réduire
le nombre de décès chez les femmes de 40 à 49 ans,
c'est pourquoi elles ne sont pas inclues au programme. Quant aux femmes
de 70 ans et plus, les bénéfices dépendent plus de
l'état de santé général, d'où une approche
individualisée plutôt qu'un dépistage systématique.
Pourquoi un dépistage aux deux ans?
Les différentes études menées démontrent
des bénéfices similaires pour une mammographie pratiquée
dans un intervalle de 12 à 33 mois. Majoritairement les programmes
de dépistage du cancer du sein au Canada et dans le monde, ont
opté pour l'intervalle de deux ans.
Pourquoi une invitation par lettre?
Des études, réalisées dans plusieurs pays, ont démontré
l'efficacité d'une invitation personnalisée pour rejoindre
un groupe visé, dont les femmes de 50 à 69 ans et ce, afin
d'atteindre un taux de participation plus élevé à
un programme.
Comment avez-vous obtenu le nom des femmes?
Les coordonnées portant sur les nom et prénom, l'adresse
complète, le numéro d'assurance maladie (NAM) et la langue
sont transmises par la Régie de l'assurance maladie du Québec
(RAMQ) après autorisation de la Commission d’accès
à l’information du Québec.
En quoi la participation au programme est-elle importante?
Les femmes sont invitées à participer au programme mais
n'y sont pas obligées. Toute l'information nécessaire pour
prendre la bonne décision est envoyée avec la lettre d'invitation.
Pour exercer un choix éclairé, retenons les avantages
ainsi que les limites et inconvénients de la mammographie suivants :
AVANTAGES :
La mammographie de dépistage est un service gratuit si elle est passée dans un CDD (centre de dépistage désigné).
La participation au programme se fait de façon conjointe
avec les services offerts par le médecin traitant.
La femme recevra son résultat chez elle, par courrier.
La femme peut bénéficier d'un suivi médical
rapide à la suite de sa mammographie de dépistage.
Un rappel est effectué, tous les 2 ans, auprès
des femmes participant au programme.
Les traitements contre le cancer du sein sont plus efficaces
et moins mutilants lorsque la tumeur est petite et qu'elle est
diagnostiquée tôt.
Tous les centres désignés doivent rencontrer de
hauts standards de qualité.
Le programme est évalué régulièrement
pour maintenir les standards de qualité.
La transmission des données se déroule selon une
procédure assurant la confidentialité des renseignements,
conformément à la Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels.
LIMITES ET INCONVÉNIENTS :
La compression du sein pendant la mammographie peut être inconfortable chez certaines femmes.
Dans environ 10% des cas, des examens complémentaires sont nécessaires suite à la mammographie de dépistage, créant ainsi anxiété et inconfort.
La mammographie détecte la majorité des cancers mais environ un sur dix n’est pas visible par mammographie et un cancer non vu peut se développer dans l'intervalle de deux ans entre deux dépistages.
Il existe un risque minime de développer un cancer du sein, lié aux radiations émises (rayons X) lors de la mammographie.
Certaines tumeurs progresseraient très vite et d’autres, très lentement. Ainsi, il est possible que certains cancers détectés, lors de la mammographie de dépistage, soient à évolution lente et puissent ne pas avoir d’impact sur la vie de la personne. La détection de ces types de cancer du sein est appelé « surdiagnostic ». Il est impossible d’identifier lesquels parmi les cancers dépistés sont en fait des cas de surdiagnostic et, dans ce contexte, il est justifié de traiter tous les cas.
Les cancers du sein ne peuvent pas tous être guéris.
Si une femme exerce un refus de participer, elle obtiendra toutefois
les mêmes services tant au dépistage qu'à l'investigation.
Cependant, elle ne sera pas rappelée après 2 ans. Par ailleurs,
une femme admissible qui n'aurait pas répondu ou aurait refusé
de participer au programme peut obtenir une ordonnance médicale
de son médecin et adhérer au programme lors de sa prochaine
mammographie de dépistage.
Toute femme participante au programme recevra, du Centre de coordination
des services régionaux, une lettre de résultat dans les dix jours ouvrables de sa mammographie de dépistage. Si le résultat
de la mammographie de dépistage s'avère anormal, la lettre
indiquera que des examens complémentaires peuvent être nécessaires
et qu'il est important d'en discuter avec son médecin traitant.